FESTIVAL WEST COUNTRY
Pour ceux qui ne connaissent pas, ce festival fait la renommée de Bain de Bretagne (et vice versa) depuis 4 à 5 ans, c'est vous dire la gueule de la renommée. Ce festival est un savant mélange de concours de rodéos, de défilés et de danses country...le jour et, de concert country... la nuit. Enfin, pour faire le bonheur de la population locale, on y ajouté des buvettes tous les 2 mètres carrés.(il est vrai qu'un cow boy ça picole mais un breton encore plus, alors, imaginez un cow boy breton...).
Ayant eu la chance de participer à ce festival depuis quelques années, j'ai eu envie de vous raconter quelques histoires vécues durant ces week-end alcoboysés et surtout effacer les a priori vus sur M6 (émission zone interdite du 23/07/08 ) où l'on avait plus l'impression d'assister à une réunion des témoins de jeovah qu'à un week end festivalier.
Il est vrai que je ne peux pas nier que ce west noz ressemble plus à la ruée vers la croix d'or qu'à la ruée vers l'or, et que les journées sont tellement riches en gamma que ça ne laisserait en aucun cas insensible un cheminot alcoolophobe (et oui ça existe!!!). Et comme je ne tiens pas à vexer les personnes qui ont du mal à assumer leur penchant pour l'alcool et qui se reconnaitront sûrement dans le récit qui va suivre, je tiens à vous préciser que toute ressemblance avec des faits réels ou des personnages existant serait purement fortuite et indépendante de la volonté de l'auteur et que toute similitude avec des personnages qui auraient existé ou des évènements qui se seraient produits ne peut être attribuée qu'à l'intrusion intempestive d'un univers parallèle.
Bref, avant d'anticiper quelconque polémique, rentrons dans le vif du sujet, donc pour vous lecteurs, voici la conquête de la buvette au phare ouest narrée façon :
"Le con, la bête et le truand".
Tout commence un vendredi midi, j'étais tranquillement chez moi en train de regarder le 14525eme épisode des feux de l'amour quand mon portable afficha "Vous avez un nouveau message", je le lis :"Festival west country, rejoins nous, c'est génial", vous comprendrez mon scepticisme au début mais, n'étant pas spécialement fan de country, je voyais pas bien ce que j'irai faire là bas quand soudain je reçois un deuxieme message : "Y a des buvettes partout, dépêche toi, bientôt rupture de bières" , du coup plus d'hésitations, j'ai pris mes tics et mon sac et je partis rejoindre mes potes (en prenant soin d'enregistrer la fin de l'épisode).
Quelques minutes plus tard, je rejoins deux potes devant l'entrée et en arrivant à l'intérieur de ce mini village, tout de suite le film se met en marche car en fait, cela vous rappelle une des ces histoires que l'on vous racontait quand on était minots et qui faisait :
" Il était une fois au pays des cow boys ( le west country donc) une bande de hors la loi ( gégé était le con, nanar la bête et moi le truand) qui n'avait que pour seul but de terroriser les call girls (ou p'tet cow girls...) de la buvette. Ainsi, ces trois là ne respectaient rien; ni la bière fraichement servie sans faux colt, ni les autochtones qui pourtant faisaient tout pour les satisfaire mais, après de nombreux injustices et abus servis par ce trio tragique, un homme éleva la voix : "oh les poivrots, vous en avez pas marre de faire chier dédette à la buvette"...Cet homme, c'était... fucky fuke (un enc... de première), le justicier des comptoirs de l'ouest. Sa réputation, il l'a acquise grâce à une inhabilité hors du commun et un entrainement intensif à la kermusette, aussi ceux qui l'ont côtoyé de près disent de lui qu'il est l'homme qui renverse plus vite que son ombre mais qui arrive toujours à être saoul avant les autres...Et oui vous l'avez deviné, cet homme c'est comme la pluie en bretagne, on essaye de l'éviter mais ça nous retombe tout le temps dessus.
Après nous avoir interpellés, il descendit de sa monture (qui n'était autre que le comptoir de la buvette) afin d'apprécier la terre argileuse sous ses pieds mais, durant cette manoeuvre difficile, il fit tomber son verre sur mes nouvelles bottes décathlon... Et là , complètement désabusé je lui dit : "merde t'es vraiment trop con, du simili cuir synthétique à 20 euros, y a pas, t'es vraiment un manchot p'tit jules (bah oui fucky fuke c'est juste son nom de scène)" et en relevant son verre vide, il me défia du regard sans rien dire et dans une atmosphère lourde, toutes les personnes autour de nous commencèrent à reculer et même à se mettre à l'abri puis, survint un long silence pesant, et je compris que c'était à moi qu'était revenu la lourde tâche d'en finir avec cet assisté de l'alcool, un face à face lourd de conséquence pour l'un de nous deux mais forcément inexorable... Le duel avait lieu depuis 15 minutes mais aucun de nous n'avait encore pris la décision de dégainer sans doute gêné par l'afflux d'alcool qui arrivait dans notre cerveau quand soudain le patron de la buvette n° 145 à qui on avait fait fuir sa clientèle décida de nous lancer un : "3 bières au premier qui dégaine"...Et immédiatement, on dégaina simultanément, avec chacun le pouce sur le menton de l'autre et ..." Je te tiens, tu me tiens par la barbichette? le premier qui rira aura une tapette". (ils nous avaient confisqué nos pistolets à eau, on n'avait pas le choix). Et là forcément, après avoir testé quelques mimiques pour le décontenancer, je vis l'esquissement d'un sourire sur le visage sournois de fucky fuke, et... Poum, une grosse torgnole dans sa gueule, et voilà le pauvre allongé par terre, complètement ranplanplan le fucky fuke. J'avais gagné et je m'attendais à une ovation totale quand je m'aperçus que les gens s'étaient barrés dans la tribune, assister aux divers rodéos et danses country qui avaient lieu dans l'enceinte aménagé à cet effet. Je fus obligé de ravaler ma déception, mon orgueil et ma fierté, mon ego en avait pris un coup, même mes potes m'avaient lâché, nanar était parti nous acheter des chapeaux de paille et gégé était allé visiter les tentes des indien(ne)s.
J'étais retourné à la buvette puis, après quelques verres, j'avais retrouvé le moral et nanar, qui lui, commençait à faire un coma le long de la buvette pourtant bien protégé du soleil par son chapeau, puis gégé arriva et me dît :"je comprends pas, y a un mec qui arrête pas de se foutre de ma gueule, en plus il arrête pas de m'appeler Hugues, alors que moi c'est gégé, tiens regarde c'est le con avec des plumes à la place des cheveux, merde il vient vers nous".
En effet, gégé avait raison le mec venait vers nous avec un air agacé, et je préférai prendre les devant pour instaurer un dialogue de confiance :
"hey toi, on t'a jamais dit que les gens les plus constipés sont souvent les plus chiants et toi tu m'as l'air d'être un as de la constipation".
"Moi être peau rouge, on m'appelle geronimo dans ma tribu, je veux ton scalp visage pâle, Ugh"
"ah ouais, bah moi être foi jaune, on m'appelle gemitrodo dans mon ricard mais appelle moi bois-sans-soif, je veux ton liquide qui fait cracher le feu comme on dit chez toi... Si t'en as, je te l'échange contre du laxatif ?"
"Visage pâle être insolent et alcoolique. Visage pâle me faire rappeler ces maudits cousins américains qui ont chassé mes frères et moi d'une terre fertile couverte de prairies et, qui regorgeaient de bisons autrefois.Ugh"
"Et alors, comment que tu crois que c'était ici !!!!! Avant y avait astérix et obélix qui se baladaient cul nu dans la forêt de Pinpon avec idéfix et personne les faisait chier par toupastis !!!! Mais avec l'embargo du sanglier, Rulio Sizar les a bien niqués et comme pour eux tous les chemins menaient au rhum, ils ont dû déposer une gerbe aux pieds de Sizar pour pouvoir continuer à boire et comme y disaient à l'époque :"Tousse pour un, rhume pour tous". Par contre, nous on a encore des sangliers dans nos forêts, alors pas si futé que ça ton bison. Allez je déconne, arrête de pleurnicher, viens avec moi je te paye une galette saucisse, tu vas voir c'est bien meilleur que ton bison frit."
Quelques heures après avoir goûté aux produits locaux et avoir complètement noyé son alcool dans son verre, l'apache se sentait assez en confiance pour nous inviter dans son chez soi.
Il me dit : "Toi être un solide visage pâle, toi et tes compagnons avoir l'honneur de venir fumer calumet de la paix dans mon tipi. Hips...Ugh"
Et là gégé, qui s'était rebaptisé Hugues auprès de toutes les serveuses parce qu'il trouvait que ça faisait plus romanesque me glisse dans l'oreille : Moi je préférai aller fumer sa squaw parce qu'au moins elle nous foutrait la paix. (Cette dernière réplique n'a rien à faire sur ce blog, bientôt censurée).
Une fois dans son tipi, un grand cérémonial s'effectue avant de fumer le calumet et des chants indiens célébrant la mémoire des anciens s'exécutent autour de nous...
Au bout de 20 minutes, je commençais à en avoir marre d'attendre qu'ils fassent tourner alors je m'approche et lui dit : "Bon tomawak , t'as fini tirer sur ta pipe ? Pense aux autres"
"Visage pâle impatient mais calumet être sacré, quoi toi nous proposer pour être digne de fumer, toi avoir bien quelque chose pour mériter calumet »
Et là avec gégé, on se regarde interrogatif puis dans un rare moment de complicité, nous nous levâmes et avec la main sur le coeur entonnâmes :
"Du rhum des femmes et de la bière nom de dieu..."
Après cette chanson bien sentie de notre part, nous avions enfin eu le droit au fameux sésame, mais après avoir fumé quelques lattes sur le calumet, les indiens ne tournaient plus dans le même sens que les cow boys et je compris que le calumet détenait des produits à vertus euphorisants. Après avoir été immergé dans un aquarium indien durant 1 heure, nous avions décidé de retourner chercher nanar qui devait être sûrement à l'article de la mort auprès de la buvette n°237 mais quelle fut notre surprise en le voyant debout en train de fracasser tables et chaises sans raison apparente mais avec une forme et une vitalité qui faisait plaisir à voir comme quoi, il ne faut jamais pendre le pauvre ours avant de l'avoir jugé.
"Tu fais quoi nanar ??? T'as encore oublié de prendre tes pilules toi ?"
"Mais non, j'étais en train de rêver que je découvrais la mine d'or du west country quand un con est venu me réveiller, et du coup je suis en crise de panique"
"Arrête nanar, la seule mine que t'ai trouvée ici, tu l'as prise au comptoir et ce que t'as pris pour de l'or, c'était surement le houblon de ta bière"
Après un long dialogue de sourd entre nanar et moi, nous avions décidé de changer de carburant pour éviter les trop longs trous noirs et les comportements décadents ainsi que les répétitifs déplacements destinés à changer l'eau des patates et donc, de tester la kermusette (ou p'tit cow boy pour ceux qui arrivent pas à se rappeler du nom original), l'alcool spécialement conçu pour le festival et rien que ça, ça vaut le détour. La kermusette c'est comme les cartes d'anniversaire musicales, au début ça surprend et ça devient vite saoulant. Mais bon, un verre, ça va, trois verres, ça va, ça va, ça va…
Du coup après quelques hectolitres de kermusette, nous commencions à y voir plus clair sauf gégé qui naviguait dans le flou en cherchant sa dernière pièce d'un euro tombé par terre dans le foin. Après 15 minutes de jurons répétitifs et de vaines recherches, je décidai de lui filer un coup de main mais bon c'était peine perdue, autant chercher une anguille dans une hotte d'oursins. En tout cas, il montrait une telle ardeur dans cette tâche qu'un jeune cow boy qui l'observait depuis un petit moment décida d'aller le recruter pour devenir son écuyer personnel. Mais gégé refusa catégoriquement croyant qu'on lui proposait un remake de Brokeback mountain et répliqua qu'il préférait faire son trou dans un autre domaine (il est con gégé, il aurait vite appris et puis c'est en forgeant qu'on devient forgeron mais ce n'est pas en se mouchant que l'on devient moucheron ni en sciant que Léonard devint scie; désolé mais fallait que je la place celle là ;-).
Gégé en avait marre et nous aussi parce que c'était à son tour de mettre la sienne et que tant qu'il n'avait pas trouvé sa pièce, il était hors de question qu'il en remette une. Quand soudain un jeune indien (qui n'était autre que le fils de géronimo) s'avança vers la buvette avec une pièce de un euro pour commander un banga fruit de la passion. Gégé était fou et surtout persuadé que c'était jeunechienfou (son surnom dans sa tribu) qui lui avait piqué sa pièce, il l'emmancha en lui gueulant dessus mais jeune chien fou ne voulait rien savoir et jura que la pièce était à lui. Gégé commença à bouillir, et comme j'étais plein comme une marmite, j'ai préféré ne pas mettre de l'huile sur le feu mais l'indien n'en fit qu'a son scalp, il prît la poudre d'escampette avant que la moutarde lui monte au nez afin que tout ça ne tourne pas au vinaigre.
Après son départ, gégé qui n'était toujours pas calmé décida de fumer une clope et, en cherchant son briquet au fond de sa poche tomba sur la fameuse pièce... Et tout content qu'il était, leva son bras avec la pièce au bout de ses doigts en signe de trophée et lança un : "ça y est, je l'ai trouvé, j'ai enfin vécu le signe indien". Bon, c'était pas très marrant de sa part mais il l'avait aussi bien placée que celle là :
J'espère que ce récit ne vous a pas trop apeuré au sujet de ce festival et que vous y viendrez nombreux. Si vous voulez rencontrer le trio tragique, cette année on est le 15/08 à la buvette n°498 de 08h12 à 10h47, à la buvette n°124 de 10h48 à 16h21, stand galette saucisse de 16h21 à 16h24, buvette n°33 de 16h24 à ...en fait je crois qu'on dort dans celle là... Le 16/08 à la buvette n°33 du réveil à 10h30, à la buvette n° 228 de 10h31 à 11h48, au bar beuq (pour le ricard parce qu'il n'y en a pas aux buvettes) de 11h55 à 15h28, à la buvette n° 183 de 15h29 à 17h16, à la buvette n° 412 de 17h17 à 22h35(car il prévoit de la pluie et que c'est la seule buvette équipée d'un paratonnerre) puis chez l'entrepreneur pochagri pour boire une valstar avant de s'endormir sur des sacs de maïs...
Le lendemain, nous serons sur le site mais comme nous n'aimons pas programmer les évènements, je vous laisse le fut du hasard pour nous rencontrer.
Prochain épisode sur la reprise du foot à l'USB, y en a qui vont souffrir... Et pour finir, je citerai une nouvelle fois William qui a dit un jour :
PS : Les dernières blagues sont un peu pourries et la fin bâclée mais il était 17h au boulot et il était hors de question que je fasse des heures sup pour vous faire plaisir, je me tue déjà tellement à la tache...